Mercredi 28 février 2007

Un blog un peu silencieux cette dernière semaine. Mais pour une fois, j’ai une bonne excuse !

La semaine dernière, c’était normalement la " semaine Allemagne et barriques ". N’y voyez pas une vilaine comparaison ! Après la visite des sommeliers et vignerons allemands, premières sorties des fûts pour La Crinyane et El Moli 2005, nettoyage des fûts, visite d’un importateur de Cologne et…. naissance de Faustine (Chouette encore une fille !) de bon matin. Depuis vendredi, je suis passé du maniement de la barrique, et de mon allemand " so British  ", au maniement du lave vaisselle, des casseroles, balais, et autre lave linge… une vraie petite fée du logis ! Promis la prochaine fois que l’on me demandera la profession de ma femme, je ne dirai plus " sans profession ".

par Laurent de Besombes Singla publié dans : Le vin, la vie...
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Lundi 19 février 2007

Dans la catégorie des vins qui parlent leur Terroir, le Rivesaltes possède pour moi la place numéro 1. Il est de ces vins qui ne laissent pas indifférents.

Nous avons dans notre famille un lien quasi-fusionnel avec ce nectar. Dans mes souvenirs d’enfance vigneronne , je me rappelle de ces moments où nous quittions avec mon père le confort douillet de la maison pour rejoindre la cave du mas afin d’effectuer un mutage de nuit. Je n’étais pas d’une grande aide à cette époque, mon travail se résumant à vérifier la bonne densité, et à surveiller les possibles fuites. Mais, en y repensant aujourd’hui, je me demande si subversivement les odeurs des vieux foudres de chêne, la demi-obscurité du chai, la solitude du caviste, le doux bruit de la fermentation n’ont pas été les lointains précurseurs de ma passion pour les vins mutés. Leur grande aptitude au vieillissement leur permet de voyager dans le temps, sans subir les désagréments des années qui passent. Pourtant, nous n’hésitons pas, lors de ce vieillissement à les pousser à l’extrême : bonbonnes de verre en extérieur, élevage en barriques sans ouillage, cuves à moitié remplies… Ils ne sont que meilleurs après avoir connu toutes ces situations.

Actuellement, en évoquant le Rivesaltes, le vigneron du Roussillon pensera à la grande " crise des Rivesaltes ", due à un manque de reconnaissance (méconnaissance ?) de la part des dégustateurs, lui préférant systématiquement son lointain cousin du Portugal. Il en oublierait même que ce vin était en 1816 classé comme : " Le Plus grand Vin du Royaume de France". Il était le vin des Papes, des Rois, des Présidents : Nous souvenons-nous seulement que le Président des USA Thomas Jefferson vouait un véritable culte aux Rivesaltes, allant jusqu’à les classer comme le " Must " des vins ? Et la mort du Duc de Clarence, frère d’Edouard IV, choisissant de finir sa vie, plongé dans un tonneau de Malvoisie pour adoucir ses derniers instants ? Les Rivesaltes seraient-ils les vins d’un passé désormais révolu ? En tous les cas, pas pour nous, leur histoire devra être transmise aux futures générations. Pour cela, je garde 8 fûts issues de la production de chacune des années de naissance de mes enfants, à redécouvrir dans plusieurs années.

Dans une semaine, je serai définitivement bon pour en oublier à nouveau 1800 Litres… Ouf ! on ne mourra pas de soif !

par Laurent de Besombes Singla publié dans : Le vin, la vie...
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Samedi 16 décembre 2006

En ce moment, les semaines passent très vite. Des semaines où se succèdent mise en bouteille (pour Alby et La Pinède 2005), mise en fûts de Passe Temps 2006, expéditions, taille (vraiment un choullia…), dégustations. Bref de vrais moments pour réfléchir !

Souvent lorsque l’on me demande comment sont élaborés mes vins, mes réponses sont évasives, peut-être un peu trop… Je me complais dans le : " en cave moins on en fait, meilleur sera le vin.. ", ou dans le non moins célèbre : " je ne me souviens plus de ce que j’ai mis comme pourcentage de grenache ", et pour finalement conclure sur " ma vision du vin liberté ".

 

Non, cher lecteur (tiens il faudrait que je me mette des " s " car ma seconde sœur lit mon blog !)…

Je reprends : Non, Chères lectrices et cher lecteur (…pour mon père…), je ne suis ni fainéant, ni atteint précocement de la maladie d’Alzheimer !

Je me rends, tout simplement compte que mon terroir et mes vins me dirigent.

Cela dans la mesure où je prends le temps de les comprendre. Et, bien avant de les comprendre, le plus important est de sentir sa terre et de les aimer pour deviner le vin qui en naîtra. Je m’explique, lorsqu’aujourd’hui je débouche un Castell Vell, ou une Crinyane, je vois, et je ressens la parcelle, son histoire, son exposition, ses qualités, et ses difficultés. Bien plus que des histoires réductrices de " quantités de tel ou tel cépage ", de méthodes de vinification ultra-modernes, d’artifices œnologiques. Mes vins doivent être les témoins d’un terroir, et non l’expression de ma propre volonté. C’est lui qui me donne la ligne de conduite du travail à accomplir, c’est lui qui me donne les limites à ne pas dépasser, une liberté encadrée me direz-vous ?

Oui ! Mais, n’est-ce pas le prix de ma liberté ?

 

Ps : A force de regarder Capital sur M6, j’ai vraiment un don pour les " Phrases Choc " de fin d’article…

par Laurent de Besombes Singla publié dans : Le vin, la vie...
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