Lundi 18 mai 2009 1 18 /05 /Mai /2009 22:09

Pour tout vous avouer, j’avais perdu les codes d’accès de mon blog… non en fait on m’avait volé mon clavier …. Bon, je n’ai pas d’excuses !

En fait j’ai vraiment une bonne raison, après tant d’absence il en faut une…

Je rentre de Copenhague, oui enfin ! Et s’il vous plaît en avion ! Parce que l’avion et moi maintenant, c’est copain-copain, c’est comme Rox et Rouky (avant la saison de chasse…), Ratatouille et Emile, Julien et l’Olivier ;-)), Madoff et l’Embrouille… Une histoire d’amour avec un grand H.

J’arrive 4 heures avant à l’aéroport, j’enregistre le premier, je peux aller parler à l’avion… nous sommes réconciliés, il me raconte d’où il vient, où il va, je lui dis qu’il a de beaux réacteurs…on est heureux…

Il y a eu l’épisode du 747 plein d’Hindous à Heathrow, me bloquant au contrôle sécurité, mais, plus rien ne peut m’arrêter.

Mais avant Copenhague, c’était Stockholm pour une soirée dégustation sur 4 millésimes, dans un improbable jardin en plein cœur de la ville. Une vieille orangerie classée, une quarantaine de passionnés qui veulent tout savoir de ma façon de travailler, de vivre, de penser le vin. En anglais, en Français, encore en Anglais, et les dégustations s’enchaînent, la fin de soirée approche et là… c’est le drame. Un suédois d’origine finlandaise, parlant anglais avec un accent mi-italien, mi-espagnol (celui de Puerto Rico, pas de Madrid), à une vitesse digne de Bip Bip dans le Grand canyon, me raconte des problèmes pointus de vinification qu’il a eu avec Pedro dans une winery sud-africaine. Cela aurait pu être passionnant, mais à une heure du matin…4 millésimes…5 cuvées…

Je ne peux en placer une entre ses mouvements de bras (son coté espagnol) et ses moulinés d’accent Anglo-Italien. Et de toute façon, il n’a pas besoin de moi pour les répliques ! Le monologue est enflammé. Son ami Pedro avait décidé de vendanger plus tard que les autres, et tout le monde se moque de lui dans le village, puis après, c’est le trou noir, je ne comprends plus rien, mais alors RIEN DU TOUT… Je décide d’appliquer cette grande méthode de l’I.E. " l’Intuition Entendu ". La méthode a fait ses preuves : j’acquiesce d’un sourire à chaque moment où la voix se fait plus forte, je prends un air triste et grave lorsqu’il baisse d’un ton. Un éclat de rire, quand il sourit . Je décide de saupoudrer le tout de hochements de tête circulaire (ni oui, ni non pour ne pas être démasqué). Je ne comprends vraiment plus rien.
RUSSE, j’ai l’impression qu’il me parle Russe. Pourquoi moi ? Je suis pas du coin, je suis pourtant la cible parfaite, lui vendeur de vin pour le " System Bolaget " et moi vigneron sans défense. Je l’avais pourtant repéré avec son chapeau noir, sa voix forte, ses moulinés, ses 6 embrassades par minute. C’est pas possible, il me traque, depuis tout à l’heure je bondis de groupe en groupe pour me sauver. Mais il faut se faire une raison, c’est mon heure ! Et je commence à avoir peur qu’il termine son explication par une question. Et bien au bout de 20 bonnes minutes : " and you, what do you think ? "….. Silence, toussotements, je prends mon air le plus abattu, le plus pensif aussi, Vite un truc super poussé… je pense à mon chien : après sa mort devrais-je l’empailler avec la patte droite ou la patte gauche en l’air pour marquer l’arrêt ? Madame Boyle est-elle vraiment de sexe féminin ? Qui va gagner la Nouvelle Star 2009 ? Les regards se figent sur moi, la pression aussi, depuis le début il croit que je le comprends…. Ne pas perdre la face, ne pas briser le mythe de cette aisance linguistique…. Ne surtout pas la perdre… Vite Comment dit-on " c’est pas faux ! " en Anglais…. Ouf, l’éclair de génie, la Mano de Dios, je décide de répondre par sourcils étonnés, et dans un anglais avec l’accent d’Higgins: " It Depends… ", sourcils froncés, regard en l’air, et l’arme fatale : un regard yeux dans les yeux façon Commissaire Bialès. Bon cela ne l’a pas calmé mais au moins tout le monde ni a vu que du feu. Conclusion mieux vaut être hésitant que démasqué.

Par Laurent de Besombes Singla - Publié dans : J'étais sur la route...
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